PREFACE
La gloire est capricieuse. Tel écrivain conquiert un vaste public ; tel autre, qui avait pourtant un style vigoureux et une vaste culture, n’a qu’une audience locale. Cette nouvelle de Léonce Bourliaguet : Marie Mon-Homme eût fait honneur à Maupassant. Je crois que Flaubert en aurait aimé le ton, les descriptions, les images, le mélange pathétique d’émotion et d’humour. L’atmosphère de la petite ville périgourdine a été magistralement indiquée en quelques phrases ; les errants de Quarante, la descente vers le Sud-Ouest de l’immense procession des réfugiés, la subtile incompatibilité d’humeur entre le Nord et le Midi n’ont jamais été peints avec plus de talent. Je suis heureux que l’hommage posthume de cette édition, si bien illustrée par Arlette Chaminade, soit rendu à Bourliaguet par l’Association des Amis du Nord-Périgord. Je m’y associe de tout mon cœur en confraternelle estime.
André MAUROIS
de l’Académie Française