La fontaine de Crésins.

 

        C'était une eau glacée pour avoir longtemps cheminé sous terre, et qui sourdait à la base du Terme, dans un vaste et profond bassin creusé en cône comme le sont les trous d'obus: si dangereux avec ses bords escarpés que grande défense m'était faite d'y aller seul, sous menace d'en voir surgir une «  Faramine qui m'entraînerait et me noyerait ».

        Cette eau mystérieuse, une fois calmé le bref bouillonnement de sa surgie, était d'une transparence telle qu'on distinguait parfaitement sous trois mètres d’épaisseur l'ondulation d'algues légères et rares, collée aux cailloux du fond. Et cette pureté, avec sa froideur mortelle, donnait une idée lourde de rêverie de l'énormité du filtre calcaire qu'elle avait dû traverser pour en arriver là, à cette vasque d'où elle s'épanchait en ruisseau dans un petit pré, passait sous la route par un conduit et se perdait dans les eaux brunes de laViviane.

Léonce BOURLIAGUET

 

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